Sur l'île italienne de Sardaigne, nichée au cœur des montagnes, se cache une localité d'environ 2.266 habitants : Bolotana. Ici, personne ne court ; la plupart des trajets se font à pied, les repas se partagent en famille et la cuisine perpétue les recettes traditionnelles. Ce qui suscite surtout la curiosité, ce sont les données sur l'espérance de vie des villageois.
Selon une étude publiée dans la revue Frontiers in Aging, 13,83 % des femmes qui atteignent 70 ans dans le village fêtent leur centième anniversaire. La moyenne nationale, à 3,54 %, est bien loin derrière. Ce chiffre place Bolotana au deuxième rang mondial pour les femmes, juste derrière Hong Kong.
À 70 ans, des années encore devant soi
La même étude révèle qu'une femme du village de 70 ans peut espérer vivre en moyenne 20,85 années de plus. Cet âge marque donc moins une ligne d'arrivée qu'un nouveau chapitre de la vie.
Au cours de la période étudiée, six villageois avaient dépassé les 100 ans ; toutes des femmes, la doyenne étant âgée de 102 ans.
La carte s'affiche : candidate zone bleue
Ce qui rend la Sardaigne singulière dans la littérature sur la longévité, c'est que dans certaines parties de l'île, les habitants vivent plus longtemps que la moyenne et que la proportion de centenaires y est élevée. Ces régions sont appelées « zones bleues ». Bolotana est étudiée pour son potentiel à rejoindre cette liste ; le point saillant étant la longévité nettement supérieure des femmes.
Les pentes plutôt que la salle de sport
La commune ne compte pas une seule salle de sport. À la place, les femmes gravissent les pentes raides ; ces marches peuvent atteindre jusqu'à 20 kilomètres par jour.
Côté cuisine, aucune restriction alimentaire : le seada, pâtisserie au fromage, et les biscuits épicés mustazzolus ne quittent jamais la table.
Point de vieillesse solitaire
Autre facteur déterminant : le tissu familial. Dans le village, les aînés ne restent pas isolés ; en s'occupant des tâches ménagères et de la cuisine, ils demeurent au cœur de la famille.
Giovanna Marras, 101 ans, en est l'illustration parfaite. Elle continue de cuisiner, reçoit des invités chez elle et passe du temps avec sa famille.
Impossible bien sûr d'expliquer cette longévité par une seule cause. Mais la conjonction, dans un même village, de l'activité quotidienne, de la cuisine traditionnelle et de liens familiaux solides fait de Bolotana un phénomène qui attire l'attention des chercheurs.
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